Le vrai problème vient bien de la main mise des grandes surfaces, la grande distribution, et du monopole des compagnies concessionnaires privées qui gèrent l'eau, les énergies ou les télécommunications. La course aux marges bénéficiaires où les fluctuations de prix des denrées et produits ne sont même plus dues au marché de l'offre et de la demande mais aux indices boursiers de ces machines à fric dont les ramifications remontent jusqu'aux banques en passant par l'agroalimentaire et l'industrie.

  • La presque totalité des denrées alimentaires et des biens de consommation de la planète passe entre leurs mains, alors que c'est nous qui les produisons.
  • La presque totalité de l'eau de la planète passe entre leurs mains alors que c'est l'essence même de la vie sur terre.
  • La presque totalité de notre consommation d'énergies, même renouvelables, passe entre leurs mains alors que ces énergies sont la propriété de toute l'humanité.
  • La liste est très longue : santé, transports, déchets, parkings, autoroutes...

Autrefois, les tyrans et dictateurs avaient le pouvoir d'affamer les peuples, aujourd'hui ces nouveaux tyrans du profit ont en plus acquit le pouvoir de nous assoiffer s'ils le décident, en toute impunité, car nous leur avons cédé ce droit contre un écran plat et un portable comme on vend son âme au diable.

Supprimer des petits avantages, individuellement insignifiants, dégage de nouvelles marges et renforce les profits.

Lorsque les grandes surfaces ont décidé de ne plus offrir les sacs de caisse, (les poches nylon disait ma grand-mère qui les rangeait précieusement pour s'en resservir comme sacs poubelle), ils ont prétexté de saines raisons écologiques que nous avons gobées avec une moue obligée d'écocitoyen, puis sans demander plus de précisions, nous les avons même félicités.
Il n'en reste pas moins qu'on produit toujours plus de ces sacs polluants (ben oui, les usines allaient pas fermer leurs portes quand même), mais qu'à présent ils sont vendus, sous forme de cabas réutilisables ou de rouleaux de sacs poubelle, transformant ainsi ce qui était une charge pour le magasin en un nouveau profit juteux, et une dépense supplémentaire pour le consommateur.
Cette démarche rejoint celles, beaucoup plus anciennes, du caddie à pièce, du distributeur de carburant automatique ou des caisses automatiques, détruisant ces petits emplois qui faisaient le salut des moins qualifiés.

Liens
- Article précédent :"Mais ou est passé le pompiste"
- Un bilan écologique intéressant du sac de caisse car il n'est pas réalisé par la grande distribution : "Environnement : la fausse bonne idée de l'abandon des sacs de caisse"

Il en fut de même lorsque mon opérateur de mobile m'a proposé de passer à la facture électronique, ce que j'ai fait car c'est pratique et à priori écologique, mais ce qui m'a fait rire ou plutôt grincer furent les arguments, "la facture électronique c'est écologique", je suis d'accord, "en plus elle est gratuite", ben heureusement, mais ma facture papier était gratuite aussi.
Alors l'économie du papier, de l'encre, de l'enveloppe, et du timbre elle est pour qui ? Ceci représente tout de même 1 à 2% du montant moyen de chaque facture.
Et coté bilan écologique, cela reste à prouver puisqu'il faut quand même du courant et une connexion internet pour visualiser ou télécharger la facture, voire une imprimante et encore une fois du papier pour ceux qui choisissent finalement de l'imprimer !
Nos opérateurs et fournisseurs d'accès internet ne sont pas les seuls, les banques aussi avec les relevés en ligne et autres opérations manuelles simplifiées par le web.
Sans compter que cela ampute une appréciable partie de ses revenues à La Poste, un de nos derniers services publics encore bénéficiaire (non sans incidence sur l'emploi).

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Des chiffres sur le sujet dans un article bien construit : "La facture électronique est-elle durable"

Puis, cerise sur le gâteau, vient la façon dont on règle nos achats, en grandes surfaces notamment, rarement en argent vaillant comme chez l'épicier du coin, mais bel et bien à crédit, en veillant par de pathétiques jongleries calendaires à ce que le montant de nos achats soit prélevé le mois prochain, sachant pourtant que le mois prochain nous n'auront pas plus d'argent disponible que ce mois-ci.

Ce mode de paiement par carte alimente alors une encore plus sombre course au profit puisque notre règlement se verra ponctionné d'un montant de 0,4% à 1,8% qui ira directement dans les caisses d'un obscur organisme qui vous délivre contre une redevance annuelle ce petit rectangle de plastique bleu, doré ou platine si cher à notre existence d'Homme/Femme moderne accompli.
Cette sorte de TVA privée, que la plupart de gens ignore, ne va pas dans les caisses de l'état et échappe à toute contribution indirecte pour son véritable bénéficiaire -le groupement des cartes bancaires- lui rapportant ainsi plus de 3 milliards d'euros par an en France sur le dos des consommateurs.

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Une étude qui appuie l'amendement Maillé tendant à réglementer ces commissions : "Site de Richard Maillé (député)"

Ne vous inquiétez pas pour votre supermarché, le montant de cette surtaxe fantôme et volatile est déjà inclus dans le prix à payer sans qu'il n'apparaisse sur aucune facture, ticket de caisse ou autre justificatif de paiement, même au titre de frais financiers. Ce moyen de paiement étant devenu si banal, voire incontournable parfois, et surtout si limpide, qu'on ne prête plus aucune attention aux conséquences qu'il produit sur ce qu'on appelle le prix public, pratiqué tout au bout de la chaîne.

Ces petits avantages, individuellement insignifiants, procurent pourtant de larges bénéfices aux profiteurs qui les retranchent de notre pouvoir d'achat et de notre confort au quotidien.

Certains "indignés" proposent le boycotte des grandes surfaces, certes il ne provoquerait pas de crise économique comme aurait pu le faire l'idée du bankrun en 2010 (dite "révolution Cantona") mais lancerait un bon coup de semonce à cet ordre établi à notre insu sur lequel nous n'avons plus aucuns contrôles. Le coup de pied dans le système bancaire et financier viendra de toute façon car c'est là que se niche la gangrène de toute cette pyramide instable et vacillante.
Ce n'est pas en créant une crise qu'on fera la révolution, mais c'est la crise qui déclenchera la révolution, et comme la crise est déjà bien installée... aux armes citoyens ! (c'est bien l'hymne national non ?)
Utilisons ces armes passives et de dissuasions que sont la voix du peuple et l'insoumission.
La grande distribution est un premier motif concret de réaction face aux lobbies et monopoles, il est à notre portée et sans risques inconsidérés ou irréversibles.
Une grève des consommateurs n'est pas une idée nouvelle, mais devient une opération possible grâce à l'incontestable mobilisation grandissante à travers la planète.


Madrid 2011 : "Les Indignados"

Les anomalies du système sont si nombreuses, qu'il semble bien inutile de prolonger la liste ici pour être convaincu de l'urgence et de la nécessité collective de réagir en s'engageant dans ce courant mondial qui se lève comme une seule voix, forte, non violente, citoyenne et constructive.

Quelques mouvements sur le web et les réseaux :
ENGAGEONS NOUS! STOP a l'ARNAQUE de la GRANDE DISTRIBUTION (Ce groupe Facebook supprimé, est en cours de reconstitution)
Les Indignés (Groupe Facebook - Belgique)
Les Indignés De France (Page Facebook)
INDIGNADOS (Page Facebook - Espagne)
INDIGNADOS ITALIA (Page Facebook - Italie)
"Le Bonheur.com" : www.osher.co.il (Le site du mouvement en Israël, un des plus actif et bien sûr des plus controversé dans le monde)
Indignez-vous (Un site qui regroupe des propositions...)
... et vraiment beaucoup d'autres infos ici
Toutes ces sources sont supposées n'appartenir à aucun mouvement ou parti politique (j'ai pas vérifié...)

On remarquera que beaucoup de mouvements font référence à l'opuscule de Stéphane Hessel -Indignez-vous- en ce nommant "Indignés". Mais la tendance se modifie, même si les médias utilise à tort ce terme pour qualifier le moindre mouvement populaire aujourd'hui. Ce sujet fera l'objet d'un prochain article.