Si la création d’un état palestinien indépendant est dans le principe une solution au conflit israélo-palestinien, elle n’en reste pas moins qu’une issue uniquement politique au différent qui oppose ces deux populations. Mais qu’en sera-t-il sur le plan économique de la viabilité d’un tel état dépourvu de ressources naturelles exploitables et d’industries productives. Qu’en sera-t-il des promesses de soutien financier des pays amis de la Palestine lorsque celle-ci ne pourra plus servir de vecteur à l’animosité de ces pays contre Israël et contre les puissances occidentales en général dont l’état hébreux est, au Proche-Orient, la gênante représentation.

Rappelons brièvement et sans remonter aux époques bibliques des prophètes les deux dernières grandes phases du conflit. Après le départ des Anglais (milieu du XXe siècle) qui avaient auparavant arraché cette région à l’emprise ottomane, et le développement des colonies juives, l’état d’Israël fut créé sans statuer sur le sort des populations qui occupaient aussi cette zone. Une opposition s’est alors immédiatement formée, refusant en bloc cette nouvelle configuration géopolitique, et la Palestine a vu politiquement le jour sans toutefois jouir d’un quelconque territoire.
C’est en 1993 que les accords d’Oslo amènent les palestiniens à reconnaître l’état d’Israël et vice-versa. Les territoires sont ensuite définis et les frontières établies par de consécutifs accords, la Palestine aura toute la Cisjordanie (reprise au Jordanien par les Israéliens) et Jérusalem Est, ainsi que la bande de Gaza au sud-ouest.
Malheureusement, on constate encore aujourd’hui que les opposants à ces accords, et pas que les opposants d’ailleurs, continuent d’alimenter la révolte et la situation précaire entre les deux nations. Ceci pour des enjeux politiques bien éloignés du légitime espoir de paix entre les habitants des deux pays.

Les Israéliens en ont marre des tirs de roquettes, mais aussi de devoir riposter pour se protéger, marre de partir au front… et les Palestiniens en ont assez de pleurer la mort de leurs proches innocents, tristes dommages collatéraux de l’élimination des agitateurs terroristes qui se cachent lâchement au milieu de cette population civile.

Alors supposons que le pouvoir palestinien mette fin aux agressions et prenne le contrôle de ces groupes extrémistes. Supposons qu’Israël se retire définitivement des dernières colonies occupées en Palestine.

La paix est enfin arrivée ?

Je ne pense pas. Les pays souteneurs extrémistes se tourneront vers d’autres régions et la Palestine sera délaissée par de nombreux états, qui seront toujours amis certes, mais plus au point de s’investir. Comment donc un pays peut-il exister sans richesses, qu’elles proviennent du sol ou de la fabrication, une fois les soutiens financiers épuisés pour construire des logements, des routes des écoles et des hôpitaux. Comment peut-on imaginer un pays dont les deux régions sont séparées et enclavées au milieu d’autres états.

Les Palestiniens ne pourront s’empêcher d’envier leurs voisins Israéliens, leur développement d’état moderne et leur réussite économique. Un nouveau conflit naîtra de cette situation. A moins que l’idée naissante, parmi les têtes bien pensantes, spécialistes, historiens et géopoliticiens, d’un état israélo-palestinien germe concrètement dans l’esprit des populations et des pouvoirs politiques.
La cohabitation entre islam et judaïsme a bien existé sans heurts et depuis fort longtemps, notamment en Afrique du nord, alors que l’antisémitisme au sens étymologique large (anti-arabe et anti-juif) a surtout été entretenu par le monde chrétien.

Que la sagesse et la raison des nécessités socio-économiques dépassent les tiraillements politiques et religieux, alors les enfants des deux pays pourront enfin jouer dans la cour de la même école.